A propos du local 375
C’est en 1902 qu’un premier Syndicat
des débardeurs voyait le jour au Port de Montréal.
À cette époque, le Syndicat portait le numéro
de la Section locale 373, affiliée à l’Association
Internationale des Débardeurs (Syndicat américain).
Ce n’est qu’en 1938 que la Section locale changera de
numéro pour le 375, telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Suite à sa fondation en 1902, le Syndicat
fit ses premières demandes syndicales aux compagnies en 1903.
La demande principale était la reconnaissance syndicale.
Devant le refus des compagnies, une grève sanglante éclata.
Malgré un mois de grève, les compagnies refusaient
toujours de reconnaître le Syndicat. Beaucoup de débardeurs
furent désappointés et cessèrent d’être
membres actifs.
Ce qui nous amène donc en 1907, où
les désaffiliés fondent l’Association des débardeurs
syndiqués du Port de Montréal. Les responsables écrivent
même une lettre à l’Association Internationale
des Débardeurs (le Syndicat américain) pour signifier
leur retrait du Syndicat. En 1910, l’Association des débardeurs
syndiqués obtient pour la première fois la reconnaissance
des compagnies. Elle réussit même à faire signer
deux contrats de travail consécutifs ; un de 5 ans et l’autre
de 2 ans.
Jusqu’en 1935, les relations entre l’Association
des débardeurs syndiqués et les compagnies étaient
cordiales. Mais dès 1935, la crise économique accorda
plus de pouvoir aux compagnies. Celles-ci profitèrent de
la situation pour diviser les débardeurs entre eux en créant
un Syndicat de boutique (Syndicat indépendant). On se retrouvait donc avec deux Syndicat
de débardeurs : un Syndicat de boutique (Syndicat indépendant) d’un côté
et l’Association des débardeurs syndiqués de
l’autre.
Deux ans plus tard, soit en 1937, des officiers
de l’Association internationale des débardeurs (Syndicat
américain) aux Etats-Unis revenaient à Montréal
pour y ressusciter un local. Les débardeurs se laissèrent
facilement gagner à l’idée de s’affilier
de nouveau. L’Association internationale des débardeurs
avait donc choisi le moment propice pour venir y fonder un local.
Les débardeurs sentirent plus que jamais le besoin d’appartenir
à une association très puissante qui regroupait 65
000 membres en Amérique du Nord.
À ce moment, l’Association Internationale
des Débardeurs émit deux chartes temporaires ; une
au Syndicat de boutique (Syndicat indépendant) qui avait déjà la reconnaissance
des compagnies et l’autre, à l’Association des
débardeurs syndiqués. À la fin de 1938, les
officiers de l’Association Internationale des Débardeurs
ordonnèrent la fusion des deux locaux en un seul. L’année
suivante, en 1939, lors des élections, les officiers du Syndicat
de boutique (Syndicat indépendant) ne furent pas élus à la tête de
ce nouveau local. Ce fut des membres de l’Association des
débardeurs syndiqués qui devinrent les dirigeants
de la nouvelle Section locale 375 de l’Association Internationale
des Débardeurs telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Les années suivant 1939 furent une période prospère. Pendant la guerre et les années
1950, Montréal vivait une période de croissance économique
sans précédent. Les compagnies profitèrent
donc de cette période pour exercer un contrôle sur
leur main-d’œuvre. Mais les débardeurs protestèrent
contre ce favoritisme exercé par les compagnies. Leurs protestations
se transformaient souvent en arrêt de travail, ce qui retardait
le chargement et déchargement des marchandises.
L’Année 1966 représente
un point tournant pour les débardeurs. Un dure conflit allait
opposer le Syndicat à la Fédération des armateurs
du Canada. Cette grève ne visait pas uniquement une hausse
des salaires mais aussi la protection du métier même
de débardeur. Devant la complexité du problème,
le Syndicat avait même demandé au gouvernement fédéral
à l’époque d’établir une commission
d’enquête afin d’étudier les conditions
de travail et la nature du métier de débardeur. La
grève qui avait débuté en avril prit fin le
14 juin avec la promesse du gouvernement d’établir
une enquête. Laurent Picard fut nommé enquêteur.
La conclusion du rapport en question faisait pencher la balance
du côté des débardeurs. En effet, le gouvernement
fédéral reconnaissait que les débardeurs devaient
être protéger par une sécurité d’emploi
afin de protéger la nature même du métier. Selon
les termes de l’enquête Picard, les débardeurs
de Montréal allaient bénéficier de la meilleure
garantie d’emploi qui existait dans toute l’Amérique
du Nord.
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